La 6000D, une course devenue mythique depuis quelques années, avec ses 65km, ses 3500m de D+ et sa célèbre montée au glacier. Le profil global de la course est assez atypique, une montée de 30km du bas de la vallée jusqu’au glacier (3050m), puis la descente jusqu’à l’arrivée. Et comme toutes les courses mythique, il fallait que j’aille voir a quoi elle ressemblait. D’autant plus que la participation (et le fait de finir la course) permet de pouvoir s’inscrire aux Championnats de France de Trail qui auront lieu en septembre à Gérardmer.

Le départ est donc donné le 29 juillet à 6h de Aime-la-Plagne dans une ambiance de malade, l’un des départ les plus ambiancé que j’ai connu.

J’ai pour objectif de partir vite pour espérer retrouver Brice sur son parcours, il est aligné sur la 6D Lacs qui part à 8h30. Je pars donc assez vite d’autant plus que les premiers kilomètres sont très roulants. A y réfléchir après coup, je ne suis pas sur que cette stratégie soit la meilleure pour ce type de course, mais tant pis, je veux tenter de retrouver Brice sur le parcours. La route s’élève assez vite mais pas de façon brutale, beaucoup de relances, de parties a courir malgré tout, mais on monte quand même et tout se passe très bien. Les villages que l’on traverse semblent avoir l’habitude de la course et sont là pour encourager tous les coureurs. J’arrive au 20ème kilomètre pour le premier ravitaillement à Plagne Centre et là deux options s’offrent à moi : soit je fais vite et je repars pour tenter de voir Brice, soit je prend mon temps normalement au risque de ne jamais rattraper Brice. J’opte pour la seconde option vu ce qui me reste à parcourir en distance. Je reste entre 5 et 7 minutes et j’apprécie vraiment la disponibilité des bénévoles qui sont la pour remplir les gourdes, servir des gobelet etc. Je tente de manger plusieurs petites choses mais il n’y a qu’une seule chose qui passe, le brie !! Je repars donc du ravitaillement et quelques minutes plus tard mon téléphone sonne, c’est Brice qui me dit où il est, et je comprend quelques minutes plus tard, qu’il est un gros kilomètre devant moi ! Je ne le verrais pas ! L’ascension se poursuit donc jusqu’au 30ème kilomètre ou l’arrivée à la Roche de Mio me fait penser à un col du Tour de France, il faut presque se frayer un chemin parmi les spectateurs pour arriver au sommet. S’en suivent 2 petits kilomètres de descente jusqu’au 2ème ravitaillement, le dernier avant l’ascension du glacier. Je prend mon temps, je recharge en eau, je mange.. du brie, et j’attaque la montée. Tout de suite je comprend ce qui m’attend : ca va monter sec ! Pas longtemps mais ca monte, très raide et je ressent les effets de l’altitude, on arrive à 2800-2900m et j’ai le souffle court, mon cœur tape dans la poitrine. Je décide de monter à mon rythme sans me mettre trop dans le rouge, du coup je perds des places mais j’avance ! Arrivé en haut après quasiment 1h de montée pour 3km, je prend juste un verre d’eau, prend le temps de prendre un belle photo et j’attaque la dernière partie de l’ascension, sur 500m à peine. Ca y est, plus que de la descente ! La première partie se fait dans les cailloux, très technique et il faut laisser le temps aux muscles de travailler différemment. Mais la descente se fait bien. Arrivé en bas je croise Julien de C’est Bien d’Etre Bien avec qui j’échange quelques mots : il n’est pas bien et va abandonner… Je continue ma route en descente ou je me confirme que j’ai progressé dans ce secteur de course. La suite de la descente se fait sous la pluie (fine mais pluie quand même…). J’arrive à me caler dans un petit groupe de 5-6 coureurs, groupe qui éclatera des que la route s’élèvera à nouveau. Une dernière montée vers le chalet de l’Arpette ou nous retrouvons quelques coureurs de la 6D Lacs. J’attaque donc la descente vers Plagne Bellecote où je devrais retrouver Brice qui a fini sa course. La descente se fait très bien et l’ambiance à Bellecote est vraiment top. Le ravito est encore à base en brie/pepsi, je voit Brice qui me raconte sa course et qui me dit où il va me retrouver dans la suite de la course.

A ce moment je me dis qu’il reste un semi marathon à parcourir et que celui ci est en descente, ça devrait le faire ! La route n’est pas technique et ne descend pas trop raide, alors j’avance tranquillement sans m’emballer. Arrive le dernier ravitaillement au 55ème kilomètre où Brice a réussi à me rejoindre de justesse, encore du brie et je me lance dans la dernière descente, et je remonte les coureurs les uns après les autres, je sens que plus je descend mieux je suis, la pluie s’invite et ce n’est pas pour me déplaire, bref tout va bien ! Les 2-3 derniers kilomètres sont plats le long de l’eau et c’est la que c’est difficile, qu’il faut réussir a courir la où les autres marchent, j’arrive dans Aime la Plagne avec une superbe ambiance, les petites ruelles s’enchaînent jusqu’au dernier virage et l’arche d’arrivée que je franchis en 10h10 !

Cette première 6000D a été une très belle expérience pour moi, j’ai pu voir de l’intérieure ce que représentais cette course, et je n’ai pas été déçu. Je peux donc désormais participer aux Championnats de France de Trail mi septembre, reste à savoir si je vais le faire ou pas. En attendant je vais retourner à l’entrainement, en essayant au mieux de concilier tous mes projets sportifs, professionnels et personnels qui se bousculent un peu ces derniers temps !

Hurdle Runner.