#COMPTE-RENDU : J’AI FAILLI NE PAS FINIR !!

#COMPTE-RENDU : J’AI FAILLI NE PAS FINIR !!

Il m’a fallu un peu de temps avant de me lancer dans la rédaction de ce compte-rendu, tout d’abord parce que j’ai n’ai pas forcément eu le temps, mais aussi parce qu’il ma fallu du temps pour analyser la course ! La Maxi Race d’Annecy était le premier gros objectif de ma saison de trail. L’an dernier sur le 42km, j’avais vraiment apprécié l’organisation, l’évènement et le lieu en lui même. J’ai alors décider cette année de me lancer sur la distance supérieur, le 83km (5200m D+). Pour la première fois de ma vie je m’attaquais à une distance supérieure à 75km.

Le départ de la Maxi Race est donné à 5h du matin à la plage d’Annecy. Le lac est magnifique de nuit, les lumières sont vraiment belles. Mais il faut partir, l’objectif est de faire le tour du lac, la journée risque d’être longue et chaude. Les premiers kilomètres sont sur le plat, au bord du lac, et ca va très vite. D’autant plus que je suis dans le début du peloton. Et ca va déjà trop vite pour moi mais je ne m’en rend pas encore compte. Les premières pentes me font vite ralentir le rythme mais je me sens bien alors je vais relativement vite. L’ascension du Semnoz est longue avant le premier ravitaillement. Mais j’arrive au sommet (17,9km, 1420m D+) pour mon premier ravitaillement où je retrouve Marine et Jeremy qui vont faire mon assistance tout au long de la journée. Je vide un peu mon sac d’affaires inutiles (la veste qui n’est plus obligatoire par exemple). Je repars 181ème mais je sens que quelque chose ne va pas, j’ai les jambes lourdes et la descente est compliquée. Après la descente, la deuxième cote de la journée se dresse devant moi vers le col de la Cochette. L’ascension n’est pas longue mais très raide et me casse encore plus le pattes. J’arrive au sommet en 4h37 (32km, 2200m D+) et j’attaque la descente vers Doussard, lieu du départ de ma Marathon Race de 2016. Entre la fin de la descente et le gymnase de Doussard, le plat sur le bitume me fatigue d’un coup ! Mais j’arrive tant bien que mal au ravitaillement, je change de t-shirt, je fais le plein d’eau et je prend mon temps dans le gymnase pour ne pas le payer plus tard.

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Je repars de Doussard après 6h17 de course (222ème) en direction du Col de la Forclaz puis vers le Pas de l’Aulps. Et c’est la que les choses ce sont vraiment corsées… La montée vers le col de la Forclaz est à l’ombre donc plutôt paisible, je sais que je vais retrouver Perrine Max et Lili au somment (50km) alors je monte tranquillement. Arrivé au col, je change de chaussettes et j’attaque l’ascension vers le Pas de l’Aulps. Ma sœur me dira après coup que j’étais déjà très marqué au 50ème. L’ascension a été un réel cauchemar, en plein soleil du début à la fin, je m’arrête à de très nombreuses reprises, je me fais doubler par des dizaines et des dizaines de coureurs, j’appelle pleins de monde, Manon, Brice, mes parents entre autre, ils ont des discours différents mais au 54ème kilomètre, je prends ma décision, je vais abandonné au sommet. Mais le sommet est encore loin (seulement 2,5km en réalité), et la suite est un véritable supplice, je marche 5 minutes, je m’arrête 10… Je réfléchis à ce que je perds si j’abandonne : RIEN, je réfléchis à ce que je gagne si je vais au bout : une veste sans manche… c’est tout ! Je me pose alors beaucoup de questions sur la suite de ma course, de ma saison, je pense même à arrêter les longues distances, le tout en montant. Arrivé au sommet en 10h22 (356ème), je demande au médecin la procédure pour abandonner. Elle me répond que soit je fais 8km vers l’avant, soit 10 vers l’arrière. Après ce coup de massue, je me dis que quitte à marcher autant le faire vers l’arrivée. Je continue mes coups de fils dans la descente, je suis au bord des larmes parfois, je pleurs souvent. Mais petit à petit je me dis que finalement, j’avance… J’arrive à Villars Dessus après 11h33 de course, je remplis mon eau et je me dirige vers le dernier ravitaillement avec un autre état d’esprit : si je suis en avance sur les barrières horaires à Menthon Saint Bernard (69km), je tenterais d’aller au bout. J’arrive donc au ravitaillement, je demande les barrières à Jeremy : il est 17h30 et j’ai jusqu’à 22h pour arriver au sommet… C’est parti ! Je suis 391ème et je me dis que je fais peut-être une bêtise, mais j’ai tout mon temps, d’autant plus que les paysages les plus beaux sont à venir et que je connais ce qui m’attend.

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La dernière ascension n’est pas la plus simple mais je décide de mettre de la musique pour passer le temps qui commence à être un peu long. Je monte tranquillement à mon rythme, j’arrive à 20h10 au sommet pour admirer le couché de soleil sur la ville d’Annecy. Ca aurait été dommage de passer 2h plus tôt non ?? La descente vers Annecy n’est « qu’une formalité » compte tenu de tout ce que j’ai vécu avant. Comme l’an dernier, le rythme s’accélère de plus en plus dans les derniers kilomètres. J’arrive sur Annecy, je longe le lac jusqu’à l’arrivée, je vois Marine et Jeremy, Perrine Max et Lili, dernier virage et je fonce vers l’arrivée. Ca y est, en 16h07 je franchis la ligne à la 396ème place. Je fonce dans le lac pour y plonger mes pieds et mes mollets comme le veut la tradition… Et ça fait du bien.

Cette course m’aura appris énormément de choses, sur moi même, sur mes limites physiques, mes limites mentales, mais aussi la gestion de l’effort sur des courses si longues qui sont toutes nouvelles pour moi. Cet évènement dans son ensemble reste un gros coup de coeur pour moi, je sais que j’y retournerais, sur 83 ou 110km, à voir ! En attendant, les voyants sont toujours au vert pour l’évènement de la saison, l’Endurance Trail des Templiers en octobre !

Hurdle Runner.