#COMPTE-RENDU : MA PREMIERE « SAINTÉ »

#COMPTE-RENDU : MA PREMIERE « SAINTÉ »

Ce weekend j’ai pu prendre pour la première fois, le départ de la Saintélyon. Une épreuve mythique qui constituait pour moi le premier gros objectif de la saison 2016/2017. Deux objectifs au départ : le premier était de finir pour marquer les 4 points qualificatifs pour les courses de l’UTMB, le deuxième un peu plus discret, était de finir en moins de 10 heures. Il y a deux semaines je vous expliquais rapidement en quoi consiste cette épreuve (cliquez ici), je vais donc me contenter de vous faire le résumé de MON aventure.

Saint-Etienne – Saint-Christo en Jarez (15,6km) : Le départ est relativement plat donc je profite des 7 premiers kilomètres pour me lancer relativement vite, contrairement à tout ce que j’avais prévu et ce qui m’avais été conseillé, mais pour le coup je suis a 12,5km/h sans forcer et il fait froid, donc aller vite me réchauffe. Je reste quand même lucide des que la route s’élève et je ralentis très vite, je marche dans les montées les plus raides. Les tous premiers kilomètres s’enchainent assez bien même si je me fais énormément doubler puisque je suis parti dans la première vague, mais je m’y attendais. Le froid ne me gène pas trop et j’arrive facilement à courir à la lumière de la frontale, j’arrive donc au premier ravitaillement dans un super état d’esprit. Je ne m’attarde pas trop sous la tente, Pepsi, Eau, chocolat et c’est reparti !

Saint-Christo en Jarez – Sainte Catherine (28,2km) : En repartant du ravitaillement, je continue à parler à Manon par sms mais elle ne va pas tarder à aller se coucher alors je m’apprête à passer la nuit « seul ». La première chose que je remarque en sortant de la tente, c’est le froid qui me saisi immédiatement, je suis congelé ! Mais très vite je me réchauffe. Les kilomètres qui suivent Saint Christo en Jarez sont très durs, j’ai les jambes bloquées, des premiers mots de ventres, je n’arrive pas à courir là où certains trottinent, bref, je subi la course. J’avance tant bien que mal à travers la nuit mais là où d’habitude je me vide la tête en regardant le paysage, la je n’est pas de paysage… Mentalement c’est dur… Mais très vite j’aperçois la lumière de Sainte Catherine, je sais que je vais rester un peu au ravitaillement… Grosse erreur…

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Sainte Catherine – Saint Genou (39,4km) : Le ravitaillement se passe parfaitement, toujours Pepsi, eau, un peu de thé, des biscuits salés mais je reste trop longtemps et quand je m’en vais… Quel froid encore une fois. Je me réchauffe trop à chaque ravito et la sortie n’en est que plus dure… Rajouté à cela le vent sur la veste trempé, je suis encore congelé. Je me remonte le moral en passant devant les bus d’abandons et en me disant que je ne suis pas dedans. Bref la route continue vers Saint Genou ou je sais que cette fois ci je ne resterais pas longtemps. Les portions de courses sont longues et vraiment casses pattes, c’est le piège de la Saintélyon. Mais à partir du 35ème kilomètres, je ne ressent plus aucun problème qui pourrais me freiner, alors j’en profite, je cours, je double, j’adore. Et comme prévu le ravito se passe très vite, Pepsi + chips et hop, je repars.

Saint Genou – Soucieu en Jarrest (52,2km) : Je continue sur ma lancée, j’en profite tant que je peux. je me surprend à courir à près de 12km/h dans les descente. L’alternance entre montées, faux plats et descentes s’enchaine relativement bien et je continue à profiter de la course et de l’ambiance dans les petits villages. Ces 12km se passent bien même si la fin de la portion est un peu difficile, puisqu’il s’agit de près de 5km de courses sur le bitume. J’arrive à Soucieu en Jarrest quand le jour commence à se lever.

Soucieu en Jarrest – Chaponost (61,9km) : Pour la première fois je m’assoie au ravitaillement, deuxième erreur puisque en me relevant, je sens une très vive douleur derrière le genou gauche mais elle s’estompe avec les premiers pas. Je sors du gymnase et là, troisième visite du congélateur de la nuit, je ne peux même pas courir tellement je suis gelé, je me réchauffe en sautillant et ça repars, difficilement. La portion jusque Chaponost est assez facile, pas trop vallonée alors je cours. Pas vite mais je cours et j’avance. C’est ici que je prend conscience que je serais finisher, c’est certain, même si je dois finir en rampant je sais que j’irais au bout. J’arrive au ravitaillement dans la difficulté sur les derniers kilomètres et je me dis de ne pas rester longtemps, je ne veux pas subir une nouvelle fois le froid.

Chaponost – Lyon (72,7km) : Alors je reste à peine 5 minutes… quelques unes de trop encore une fois, puisque je suis (encore) gelé à la sortie du gymnase. Et mon genou me fait de plus en plus mal, le corps entier est épuisé mais il reste 10km et des bananes… et j’aime bien les bananes. Alors je repars mais les phases de marches sont de plus en plus fréquentes, même sur le plat, je gère comme je le peux un corps qui voudrait dormir. Le kilomètres me semblent de plus en plus long, en fait ils sont juste de plus en plus lents ! à 2 kilomètres de l’arrivée, les fameuses marches qui descendent vers le Rhône finissent de m’achever. J’arrive donc sur le plat final, 1,5km de bitume assez plat, j’apprécie les encouragement des Lyonnais réveillés de bon matin ce dimanche 6 décembre. J’aperçois de loin la Halle Tony Garnier où se situe la ligne d’arrivée, la « foule » est de plus en plus présente. Pour la première fois je n’accélère pas à l’arrivée d’une course… à quoi bon ? Je rentre finalement dans la Halle, dernier virage à gauche et c’est la délivrance, je passe la ligne, j’arrête mon chrono que je n’ai plus regardé depuis le 42ème kilomètre… 8h46:55 !!! Ca, c’est fait !

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Je retiens de cette expérience que cette course est beaucoup trop roulante pour mes capacités actuelles, j’avais peur du peu de dénivelé (1900m D+), et j’ai eu raison. Je suis beaucoup plus à l’aise sur des courses typées montagne sec de gros dénivelés. Je retiens aussi que courir de nuit n’est pas si évident, cela n’a rien à voir avec les « petites » sorties d’entrainement, là c’est 8h non-stop dans le noir, pas facile. Bref, pour être très honnête je suis ravi d’avoir terminé cette course, mais je n’y ai pas pris autant de plaisir que lors de courses comme l’OCC par exemple. A voir si je retourne tenter l’aventure, d’ici quelques années ! Maintenant place à un peu de repos avant d’attaquer 2017 a fond !

Hurdle Runner.