Nous sommes dimanche 3 avril 2016, il est 9h15 et je suis dans le SAS de départ pour le Marathon de Paris, mon tout premier ! A ce moment précis, je n’ai plus peur, je n’ai qu’une envie : partir et commencer à en découdre avec ces 42,195km. Ma préparation a été bonne, il fait beau, je sais que plusieurs personnes sont sur le bord de la route pour m’encourager alors tout va bien. Je ne cesse de me répéter qu’il faut que je parte tranquille (en 5’20/km) pour pouvoir suivre le rythme t arriver au bout sans trop de problème.

9h25 : C’est parti, je m’élance le long des Champs Elysées pour rejoindre la place de la Concorde où je sais que Manon et Marie m’attendent déjà pour me soutenir. Le début de course se passe très bien, peut-être trop puisque je pars relativement vite (5’04/km) sans réellement avoir l’impression de faire un gros effort. Je n’arrive pas à me contenir et je me laisse embarquer par la foule et l’ambiance. La suite de la course est aussi facile puisque le rythme ne faibli pas jusqu’au 10ème kilomètre où je passe en 50’33… Trop rapide encore une fois. J’arrive ensuite au bois de Vincennes où je retrouve mes parents, ma soeur et ma nièce qui ont l’air contents d’être là et qui m’encouragent avec le sourire. De mon coté tout se passe bien mentalement et physiquement puisque je passe au 15ème kilomètre en 1h15’57 et au semi en 1h46’38. Le rythme est toujours le même mais c’est à ce moment la que je prend conscience que je suis sans doute parti un peu vite.

Deuxième passage à la place de la Bastille où mon père me confirme que je vais vite (et peut-être trop) puis nous arrivons tranquillement sur les quais de Seine, et c’est la que la course prend pour moi une autre tournure (et à priori je n’ai pas été le seul à le vivre comme cela…). Les montées et descentes des quais commencent à me faire mal aux cuisses. Mais je m’accroche car je connais ce parcours que j’ai pu emprunter lors de l’Odlo Crystal Run et je sais à quoi m’attendre. Puis nous arrivons à la Tour Eiffel au 29ème kilomètre ou pour la première fois je vais marche un peu à l’occasion du ravitaillement pour faire les choses calmement et repartir de plus belle. Un petit gel, une boisson isotonique et c’est reparti. L’organisation a eu la bonne idée de mettre un vrai mur au niveau du 30ème kilomètre, histoire de nous rappeler qu’en effet, ce mur n’est pas un mythe. De plus en plus de coureurs se mettent à marcher mais pour ma part, je continue à m’accrocher… mentalement parce que mes cuisses ne répondent plus.

Marathon de Paris

Je passe au 34ème où je fais part à mon père que je n’en peux plus et qui me motive à m’accrocher. Petite côte entre le 35ème et le 36ème où je retrouve Manon et Marie qui me pousse à continuer à courir et ça marche, je me dis qu’il ne reste « que » 6 kilomètres, mais dans ma tête je sais que ce sera les plus durs. L’allure diminue a vue d’oeil mais qu’importe, je veux et je vais finir ce marathon, j’oublie mon objectif de 3h45 au 37ème kilomètre et me focalise sur la ligne d’arrivée. A aucun moment de la course, même dans les derniers kilomètres, je n’ai penser à abandonner, mais honnêtement à certains moment, je me suis demandé dans quel état je passerais la ligne d’arrivée !!

Entre le 38ème et le 41ème, le temps passe lentement, très lentement… J’alterne course et marche sans jamais rester arrêté. Les phases de marche me font du bien aux cuisses, la course me le rend de plus en plus dures et douloureuses. Après le 41ème j’entend Marie et Manon qui me pousse dans les derniers mètres, puis j’arrive au rond point de l’avenue Foch où je suis impressionné par le monde qui est massé sur le bord de la route, et j’aperçois l’arche d’arrivée. Je ne peux pas accélérer mais je ne la lâche pas des yeux. Plus que 200m… 100m… Et viiiiim ! Je suis Marathonien !!!! Quel soulagement ! Je franchi finalement la ligne en 3h51’20, ce n’est pas l’objectif que je m’étais fixé, mais cela n’a aucune importance.

J’ai pris un maximum de plaisir, tout au long de la course, je sais désormais les erreurs à ne pas reproduire lors de mon prochain marathon (parce que oui, il y en aura d’autres) et surtout, je n’ai aucun regret pour cette course, j’apprend petit à petit et c’est ça que j’aime ! Un grand merci à tous ceux qui m’ont envoyé un petit message avant la course, à ceux qui m’en ont envoyé un juste après l’arrivée et mention spéciale à Manon, Marie, Régis, Françoise, Perrine et Lili qui étaient là sur le bord de la route pour me soutenir, vous n’imaginez pas à quel point vos encouragements m’ont motivé puis reboosté quand j’en avait besoin ! Il y a des chances pour que je prenne le départ de l’édition 2017 de ce marathon, mais j’ai encore le temps d’ici là, et je vais commencer par réparer ces cuisses qui m’empêche de marcher, monter et descendre les escaliers normalement pour le moment !

Marathon de Paris

Hurdle Runner.