Pour m’accompagner sur cette course, Manon était présente, elle a même pris le départ de la course « Découverte », le 23km (1000m D+). Pour ma part, 42km et 2550m D+ m’attendaient, quelque chose de tout nouveau pour moi, du jamais vu.

Vendredi 7 août

Notre weekend a donc commencé le vendredi 7 août au soir, date à laquelle nous sommes partis de l’Essonne en direction de Barcelonnette. Après plusieurs heures de route, un petit pique-nique au sud de Beaune et un flash de radar automatique, nous sommes arrivés vers 22h30 à Grenoble ou nous avons passé la nuit à l’hôtel.

Samedi 8 août

Après une bonne nuit de repos, nous avons pris la route vers Barcelonnette à 9h le samedi matin. Après une longue route et plusieurs heures au volant, nous sommes finalement arrivés au camping « Le Fontarache » aux Tuiles, à 5km de Barcelonnette, aux alentours de 13h. Nous nous sommes vite installés pour pouvoir manger pas trop tard et envisager faire quelque chose de notre après-midi.

Après le repas et un petite temps de repos (sieste, lecture) et avant de nous prendre un orage sur la tête, nous nous sommes rendus vers 16h au centre ville de Barcelonnette pour y récupérer nos dossards et prendre une première fois la température de l’évènement qui créait l’émulation dans tout le village. Dossard 92 pour moi, 687 pour Manon, nous voilà fins prêts pour la course du lendemain. Après avoir pris une petite glace en terrasse pour le goûter, nous sommes retourné sur notre campement pour y préparer nos affaires pour le lendemain, manger, et dormir.

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Dimanche 9 aout : Le grand jour

Le réveil à sonné à 6h, petit, déjeuner, passage aux sanitaires pour se rafraichir un peu le visage, rangement de la tente et du campement. Puis à 7h, nous sommes partis pour le centre ville, lieu du départ de la course.

La pression commence à monter…

En arrivant prêt de l’arche « Salomon », matérialisant le départ de la course, prévu à 8h, la pression monte encore plus… Après 10 petites minutes de mise en jambe, je rejoins Manon derrière le départ (sa course part à 9h). Je récupère mon sac et décide de ne pas partir avec mon coupe vent puisqu’il fait beau, mais elle me conseille de l’emporter quand même, au cas ou… Je la remercierais plus tard. 7h55 : je vérifie le contenu du sac, j’ai ma poche à eau, mes gels énergisants, mes barres, mes pâtes de fruits et ma boisson énergisante (je sais ça peut paraitre beaucoup pour 42km, mais étant débutant sur ce type d’épreuve, je préfère assurer le coup). 7h56 : un dernier bisou, j’enclenche ma montre GPS et je n’ai plus qu’à attendre quelques instants…

8h… Le speaker commencer le décompte : « 3…2…1… » PAN ! C’est parti pour 42km et je l’espère moins de 7h de course.

Barcelonnette – Uvernet-Fours (km 5,5)

La première partie du parcours est très plate, elle permet au peloton de s’étirer avant de commencer à monter. Le parcours nous fait sortir du village, puis longer l’Ubaye jusqu’au golf que nous traversons de part en part. Durant tout ce début de parcours, j’adopte une allure plutôt calme pour moi (5’25″-5’30″/km) et me retrouve (à mon grand étonnement) à l’arrière du peloton. Après 5km nous arrivons au village de Uvernet-Fours où le premier ravitaillement (eau uniquement) ne m’intéresse pas pour le moment.

Uvernet-Fours – Col de Beaume-Longe (km 11)

C’est donc parti pour la première ascension vers le Col de Beaume-Longe (alt. 1811m). Etrangement, dès les premiers hectomètres, la plupart des coureurs se mettent à marcher, mais je suis bien et je continu en courant. Les parties vraiment pentues ne sont clairement pas faisable en courant (pour moi) mais tiens à courir le plus possible, pas pour gagner du temps mais pour en perdre le moins possible. Et je remonte uns à uns les coureurs. Puis je me retrouve vite dans un petit groupe avec 2 autre traileurs avec qui je partage un bon bout de route. Nous arrivons au col de Beaume-Longe, après à peu près 1h30, de course où nous n’avons pas trop le temps d’admirer le paysage avant de redescendre vers Villard d’Abas.

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Col de Beaume-Longe – Villard d’Abas (km 16)

La descente vers le premier « vrai » ravitaillement au km 16 à Villard d’Abas a été pour moi une grande partie de plaisir puisque j’ai pu accéléré sans soucis sans fournir de réel effort. Arrivé au ravitaillement en 2h et des poussières, je ne m’attarde pas trop mais je prend tout de même des gâteaux secs et du chocolats avant de repartir tranquillement sur le faux plat montant…

 Villard d’Abas – Col de la Cloche – Chapeau du Gendarme (km 25)

La suite du parcours a été… dantesque ! En effet, après 2h16 de course, la pluie a commencé à faire son apparition. Après 10 minutes sous la pluie, celle-ci ne se calmant pas, j’ai pris la décision de mettre mon fameux coupe-vent, que je ne lâcherai pas jusqu’à l’arrivée. La pluie m’a donc accompagné tout au long de la montée vers le Col de la Cloche (alt. 2053m) durant laquelle j’ai lâché mes deux compagnons pour continuer à remonter les autres coureurs. Le terrain devenu très glissant ne me rassure pas mais je prend du plaisir à monter et je me dis que pour un premier trail, je n’ai vraiment pas de chance avec la météo. Arrivé au ravitaillement du 21ème kilomètre, j’aperçois une assiette de charcuterie sur la table et je m’empresse de récupérer 2 bouts de saucisson, qui m’accompagneront sur les premiers mètres de la montée la plus dure du parcours vers le Chapeau du Gendarme (alt. 2682m). Et quelle montée !! Pas une seule portion de plat pendant près de 4km, des pentes tellement raides que les mains au sol sont nécessaires… A l’arrivée au sommet, les cloches de certains supporters courageux remettent du baume au cœur avant d’attaquer la longue descente pour rallier l’arrivée… 17km plus loin !

Chapeau du Gendarme – La Rente (km 31)

La descente commence donc, et les sensations sont mitigées… Dans les portions qui descendent franchement : aucun soucis, mais sur les portions plus plates, je commence à sentir mes mollets cramper et mes cuisses se raidir… Aïe… Etant donné que je suis en avance sur mes allures cible pour arriver en 7h, je décide, après 4h de course, de prendre 1-2 minutes pour m’étirer les jambes et repartir tranquillement. Et j’ai bien fait puisque plus aucune douleur dans les mollets ne sera à signaler avant l’arrivée. La dernière descente de 4km vers le prochain ravitaillement, très raide, m’a quand même fait mal aux pattes, d’autant plus que la pluie refait son apparition. Je décide donc de prendre mon téléphone pour appeler Manon, prendre de ses nouvelles et surtout penser un peu à autre chose. Elle a fini sa course en 3h26 mais s’est fait mal à la cheville juste avant l’arrivée… Pas cool. En raccrochant, je me rend compte que j’ai parlé plus de 7 minutes sans voir le temps passer… tant mieux. J’arrive au dernier ravitaillement et en profite pour prendre deux gels dans mon sac pour les avoir dans la poche au cas où, il me reste 11km…

La Rente – Barcelonnette (km 42)

En repartant, je me rend compte que je n’ai pas été doublé depuis très longtemps, mais que je n’ai pas doubler grand monde non plus… Les derniers kilomètres risquent d’être longs si je suis seul… Mais je n’ai pas le choix. La fin de course n’a rien de passionnant, mis à part les 4 derniers kilomètres… La descente à travers les arbres, mais surtout dans plusieurs centimètres de bout (après 4h de pluie, c’est pas étonnant !) est très folklorique, je tombe 7-8 fois en l’espace de 20 minutes, je suis dégueu’, mais j’arrive bientôt. Les derniers 800m sur le plat goudronné de la ville de Barcelonnette sont rapide, je suis au bord des larmes, ému d’être arrivé jusqu’ici sans problème, plus vite que prévu et de réaliser un premier objectif : finir cette course !

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FINISHER… En 6h02’04

J’en ai donc terminé. Je termine à une satisfaisante 143ème place sur 389 arrivants, l’objectif est plus que rempli, je suis plus que ravi mais mes jambes sont plus que lourdes… Le fait de finir cette course me permet donc de gagner 1 pt, nécessaire à l’inscription pour l’OCC 2016, l’une des courses de l’UTMB… Il ne me reste plus qu’à attendre la date des inscriptions !

Cette première expérience sur un « vrai » trail a été très enrichissante pour moi, j’ai pu prendre conscience de l’ambiance qui règne autour de ses courses qui m’attirent, et j’aime ça ! Nul doute que je reprendrai le départ de ce trail un de ces jours, je ne sais pas quand, mais je le ferais. Avant cela, j’ai d’autres projets en tête, à suivre…

Hurdle Runner.